Des parlementaires Monégasques s’attaquent à l’un des plus grand trafic mondiaux
Depuis 2005, au sein du Conseil de l’Europe, des parlementaires Européens sensibilisent l’assemblée au danger de la contrefaçon médicamenteuse.
La proposition de recommandation présentée, le 7 avril 2005 par Bernard Marquet, Vice Président du Conseil National Monégasque et Membre de la Délégation monégasque auprès de l’APCE, a débouché sur l’adoption finale, le 2 juillet dernier par le Comité des Ministres, du rapport du Groupe de spécialistes sur les produits pharmaceutiques contrefaits et sur la convocation d’une réunion à Strasbourg du 1er au 3 octobre 2008 en vu de la rédaction d’une convention internationale.
“La diffusion de produits contrefaits s’est de plus en plus mondialisée ces dernières années, et l’éventail des produits affectés par ces pratiques frauduleuses a fortement augmenté. La contrefaçon touche pratiquement tous les types de produits faisant l’objet d’une demande générale des consommateurs, comme les vêtements et les accessoires, les produits des médias, les aliments et les compléments alimentaires, les cosmétiques et, bien entendu, les produits pharmaceutiques. Face à l’accélération de la contrefaçon, il devient encore plus urgent de sensibiliser le public non seulement à ses conséquences sur les économies des États et sur le bien-être de leurs populations, mais aussi au risque qu’elle présente pour la santé publique ainsi que pour la santé et la vie des personnes. La plupart des pays du monde reconnaissent progressivement la gravité de ce problème.” (cf Conseil de l’Europe, affaires juridiques, CDPC, crime pharmaceutique.)
Le problème auquel s’attaquent Bernard Marquet et ses collègues est un problème de santé publique du quotidien. En effet, la distribution des médicaments évolue, que ce soit au travers des réseaux internet, que par la volonté de certains états membres de vouloir assouplir les règles de distribution des médicaments. On estime à 6/10 le nombre de produits pharmaceutiques contrefaits sur le net.
De plus, ce trafic est en passe de devenir un des principaux pourvoyeurs de financement du terrorisme international puisque, au contraire du trafic de stupéfiant, il comporte peu ou pas de risque, nombre de pays n’ayant aucune législation contraignante sur ce sujet.
“L’Amérique du Sud et l’Afrique de l’Ouest ont été les premières cibles où les taux de médicaments contrefaits ont atteint respectivement 40 % et 70% des marchés, la prochaine cible du crime organisé est l’Europe. En effet ce marché est hautement profitable et représente 400 milliards de dollars annuels avec une croissance annuelle de 7%. Tous les types de médicaments et tous les laboratoires pharmaceutiques sont concernés.” (cf proposition de recommandation présentée par M.Marquet, doc 10492, 7 avril 2005, Assemblée Parlementaire.)
On ne met pas en danger sa santé à exhiber un faux sac ou une fausse montre, en revanche, on peut mourir d’ingérer un médicament contrefait. C’est en substance, ce message fort que porte, depuis plusieurs années, Bernard Marquet à la réflexion et à la connaissance de ses concitoyens et de ses collègues Européens.
Il faut s’engager, impitoyablement, dans le combat contre la contrefaçon médicamenteuse, car il ne s’agit pas de défendre seulement la propriété industrielle, mais bien de sauvegarder la santé publique à l’échelle planétaire. Ce fléau nouveau concerne, au quotidien, chacun et chacune d’entre nous et nul n’est à l’abri d’être victime un jour, de ce qu’il convient de considérer comme une tentative d’empoisonnement.
(Bernard Marquet)